Vous repérez un manteau à -50 % en janvier et un maillot de bain à -40 % en juillet, mais les soldes en France ne fonctionnent pas de la même façon selon la saison. Dates décalées, pression sur les stocks, comportement des enseignes : les soldes d’hiver et les soldes d’été obéissent aux mêmes règles légales, mais le terrain raconte une histoire différente.
Soldes d’hiver et d’été 2026 : des dates fixées par le code de commerce
Les deux périodes de soldes durent chacune quatre semaines calendaires. En 2026, les soldes d’hiver ont débuté le mercredi 7 janvier à 8 heures et se sont terminés le mardi 3 février. Les soldes d’été démarreront le mercredi 24 juin pour s’achever le mardi 21 juillet au soir.
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Ces dates sont fixées conformément à l’arrêté du 27 mai 2019 et à l’article L.310-3 du code de commerce. La règle de calcul en été : on retient le dernier mercredi de juin, sauf si celui-ci tombe après le 28, auquel cas on recule d’une semaine.
Départements et collectivités avec des calendriers décalés
Certains territoires appliquent des dates spécifiques. La Moselle, la Meurthe-et-Moselle, la Meuse et les Vosges décalent souvent leurs soldes d’hiver de quelques jours pour tenir compte de la Saint-Nicolas et du calendrier commercial local. En outre-mer, le décalage est plus net.
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- À La Réunion, les soldes d’été 2026 se déroulent avant les soldes d’hiver, ces derniers étant programmés du samedi 5 septembre au vendredi 2 octobre 2026.
- À Saint-Barthélemy et Saint-Martin, le calendrier est ajusté en fonction du décalage saisonnier avec la métropole.
- En Guyane, la période de soldes tient compte du climat équatorial et des habitudes de consommation distinctes de celles de la France métropolitaine.
Si on prévoit un achat soldé dans l’un de ces départements, vérifier les dates exactes sur le site de la préfecture ou sur service-public.fr évite une mauvaise surprise.

Pression sur les stocks : pourquoi les soldes d’hiver sont plus agressifs
Sur le papier, la réglementation est identique pour les deux saisons. Les articles soldés doivent avoir été proposés à la vente au moins un mois avant le début des soldes, et le prix de référence affiché doit être celui réellement pratiqué durant cette période. Pas de prix gonflé artificiellement la veille des soldes.
Dans la pratique, les enseignes de textile et d’équipement de la maison sont sous une contrainte plus forte en hiver. Les collections automne-hiver ont des coûts de stockage élevés (manteaux volumineux, doudounes, bottes) et la saison de vente est plus courte qu’en été. Des fédérations professionnelles comme l’Alliance du Commerce et la Fédération Nationale de l’Habillement ont signalé, dans leurs bilans 2023-2024, cette pression plus forte sur les stocks d’hiver.
Le résultat pour le consommateur : les premières démarques d’hiver sont souvent plus généreuses, et les baisses de prix s’accélèrent plus vite au fil des semaines. En été, la concurrence vient d’ailleurs : promotions permanentes, ventes privées en ligne, opérations e-commerce type Prime Day. Les enseignes savent que le client est déjà sollicité, et les soldes d’été génèrent moins d’urgence.
Démarques progressives en soldes : aucun calendrier légal
On entend souvent parler de « première démarque », « deuxième démarque », « troisième démarque ». Cette progression n’est fixée par aucun texte réglementaire. C’est une pratique commerciale libre, et chaque enseigne décide de son propre rythme.
En hiver, la plupart des grandes chaînes de prêt-à-porter lancent une deuxième démarque dès la fin de la première semaine. En été, les retours varient sur ce point : certaines enseignes accélèrent le rythme pour écouler les fins de série avant les vacances d’août, d’autres étalent davantage.
Stratégie concrète selon la saison
Pour les soldes d’hiver, attendre la deuxième semaine offre un meilleur rapport remise/disponibilité sur les articles courants (pulls, accessoires). Sur les pièces à forte demande (manteaux techniques, doudounes de marque), acheter dès le premier jour reste la seule garantie de trouver sa taille.
Pour les soldes d’été, la logique s’inverse. Les stocks de maillots, sandales et vêtements légers sont souvent plus larges, et la concurrence des promotions en ligne fait que les prix baissent parfois avant même le début officiel via des ventes privées. Patienter quelques jours en été comporte moins de risque qu’en hiver.

Soldes en ligne et en boutique : ce qui change entre les deux périodes
Les soldes en ligne obéissent exactement aux mêmes règles que les soldes en magasin physique. Les sites e-commerce doivent respecter les mêmes dates de début et de fin, le même affichage du prix de référence, et les mêmes obligations sur l’ancienneté de mise en vente des produits.
La différence se joue dans le comportement d’achat. En hiver, les achats en boutique restent significatifs : on veut essayer un manteau, vérifier la coupe, profiter d’une sortie en centre-ville le premier samedi des soldes. Paris, Lyon, Marseille voient leurs artères commerçantes se remplir dès le mercredi matin.
En été, le e-commerce capte une part plus large des ventes soldées. Les consommateurs sont en vacances, dispersés géographiquement, et le shopping en ligne s’impose naturellement. Les enseignes investissent davantage dans les opérations digitales estivales (livraison offerte, codes promo cumulables).
Publicité et affichage des prix : les obligations identiques à respecter
Que ce soit en janvier ou en juin, les commerçants ont les mêmes obligations en matière de publicité pendant les soldes :
- Le mot « soldes » ne peut être utilisé que pendant la période légale. En dehors, c’est une infraction.
- Le prix de référence et le prix soldé doivent figurer clairement, avec le pourcentage de réduction ou la remise en valeur absolue.
- Les produits soldés doivent être clairement distincts des produits non soldés en magasin.
- La vente à perte est autorisée uniquement pendant les soldes, ce qui en fait la seule période où un commerçant peut légalement écouler un article en dessous de son prix d’achat.
Cette autorisation de vente à perte explique pourquoi les fins de soldes d’hiver affichent parfois des réductions spectaculaires sur les dernières pièces. Les commerçants préfèrent libérer l’espace de stockage plutôt que de conserver des articles saisonniers jusqu’à l’année suivante.
Les soldes d’hiver et d’été en France partagent un cadre juridique strict, mais la réalité commerciale les distingue nettement. La pression de stockage, le comportement des enseignes et la concurrence du e-commerce créent deux expériences d’achat différentes. Adapter sa stratégie à la saison, et vérifier les dates propres à son département, reste le moyen le plus fiable de profiter pleinement des soldes en France en 2026.

